Qui dit cheval sur grand écran dit souvent western ou film d’aventures - et pense cinéma américain. Et pourtant, depuis maintenant une vingtaine d’années, les dresseurs du cinéma français ont acquis une réputation internationale.
Le cinéma vante souvent les prouesses de ses cascadeurs automobiles et en oublie parfois que les exploits équestres ne demandent pas moins de savoir-faire et de prise de risques. La preuve : les producteurs font systématiquement appel aux mêmes spécialistes de renommée mondiale. Avec en tête Mario Luraschi qui, depuis trente ans, a participé à plus de 300 films, non seulement en France, mais aussi aux Etats-Unis. A son actif, des titres prestigieux comme Jefferson in Paris (1994), de James Ivory, Le Hussard sur le toit (1995), de Jean-Paul Rappeneau, avec Juliette Binoche, Capitaine Conan (1996), de Bertrand Tavernier, Le Masque de fer (1997), avec Leonardo Di Caprio et Gérard Depardieu ou encore Jeanne d’Arc (1999), de Luc Besson.
Dans le cinéma français, si Gérard Philipe s’est révélé bon cavalier, de Fanfan la Tulipe (1952) aux Grandes manoeuvres (1955), c’est incontestablement Jean Marais qui détient la palme du saut d’obstacles, avec, entre autres exploits équestres, Le Comte de Monte-Cristo (1953), Le Bossu (1959), Le Capitan (1960) et Le Masque de fer (1962).
Avec l’arrivée de la Nouvelle Vague au début des années 60, le cinéma français se veut plus réaliste et renvoie le divertissement en costumes aux oubliettes de l’histoire. Seule une tête brûlée comme Jean-Paul Rappeneau ose signer un vrai film d’aventures, avec chevaux au galop et crinière au vent, Les Mariés de l’an II, en 1971, avec Jean-Paul Belmondo... Le même Rappeneau qui, vingt ans plus tard, met en selle Gérard Depardieu dans Cyrano de Bergerac.
Le cheval aurait-il retrouvé les faveurs des cinéastes français ? La Fille de d’Artagnan (1994), de Bertrand Tavernier, avec Sophie Marceau, et Le Hussard sur le toit (1995), de Jean-Paul Rappeneau (toujours lui !), renouent avec la tradition du cinéma d’aventures. D’autres films suivront, où le cheval tient une place de choix : Les Caprices d’un fleuve (1996), de Bernard Giraudeau, La Veuve de Saint-Pierre (1999), de Patrice Leconte ou Les Enfants du siècle (1999), de Diane Kurys.
Le succès phénoménal du Pacte des loups, de Christophe Gans, en 2001, a ouvert la voie à d’ambitieuses productions qu’on verra bientôt sur les écrans : du western tiré de la fameuse bande dessinée Blueberry, avec Vincent Cassel, à Blanche, comédie d’aventures signée Bernie Bonvoisin - jusqu’au remake de Fanfan la Tulipe, avec Vincent Perez et Inès Sastre, les chevaux ont une carrière assurée devant les caméras du cinéma français...
Par Franck Garbarz, journaliste à la revue Positif